WE LOVE FANTASY
Samedi 2 septembre 2006 - A partir de 23h30

Le rendez-vous de la rentrée… Se retrouver, se sourire, se raconter, partager cette humeur légère que l’on ramène de vacances… Cette impression fugitive que l’on est en pleine forme et plein d’espoirs… Avant de replonger, absorbés par la trépidante vie parisienne…

WE LOVE FANTASY… À l’heure où les soirées de labels se multiplient dans la capitale, WLA s’octroie un peu de liberté. On décide d’inviter nos coups de coeur et de proposer un plateau cohérent, projetant des passerelles entre des univers artistiques limitrophes…

Durant l’ombrageux mois d’août, nous décidons de célébrer les deux ans du magazine En Ville en leur ouvrant les portes de la FANTASY pour un apéro entre “intimes”. Ils nous amènent de nouvelles têtes qui viennent pour le cadre et le rendez-vous, et resteront pour la musique…

Du songe, on passe directement à la douceur intense d’un été indien presque inespéré au regard d’un mois d’août aux promesses déliquescentes. Mais là, cette We Love Fantasy va dépasser nos espérances, en atteignant l'incandescence (état d’un corps qu’une température élevée rend lumineux).

Le lieu d’abord : échappé d’une carte postale 70’s avec ses boiseries et ses étonnantes baies vitrées, baignées de la lumière colorée des années 2000… Nous nous trouvons à quelques mètres du Parc Floral, odeurs d’arbres et de fleurs… On respire. Ouf.

Les parisiens de As We Fall ouvrent le bal, guitares dehors, ils déroulent une pop délicate, sensible, touchante, nos coeurs sont réveillés et déjà tournés vers la scène. Ce concert inspiré, à défaut d'être parfaitement rodé, plante le décor d’une soirée ambitieuse.

Les DJ’s et leur entourage dînent sur la terrasse, ils savent que ce soir, les conditions leur donnent l'occasion de sortir le grand jeu… Un parfum d'excitation flotte dans l'atmosphère électrique. Moment d’intimité rare, d'échanges en douceur… La soirée démarre et on a le sentiment que ça va glisser avec simplicité.

Une foule compacte est massée devant l’entrée : sur le dancefloor, Audio Werner, nouvel acteur d’une house pétillante et décomplexée, allume la mèche : il est aussi à l’aise qu’un poisson dans l’eau et met tout de suite les jeunes filles en émoi. Les jambes bougent, les bras se lèvent, la nuit est jeune mais la mise en bouche immédiate et festive…

Au premier étage, la booty bass d’Orgasmic ondule frénétiquement. Le  Clark crew est au complet et fait chaviré les jolies filles, et se gondoler les lascars à casquette, en mitraillant les galettes percutantes. C'est là que les plus malins profitent d'un bar plus accessible.

Retour en bas dans la grande salle, nous voilà auprès de Rajko aka Isolée. Le résident de Hambourg distille ses subtils arrangements sur son laptop, la foule gronde comme s’il était Derrick Carter – étrange enthousiasme pour cet artiste emblématique d’une certaine house électronique et mélodique rare sous nos latitudes. La température continuer de monter…

Et ce n’est pas le plantage de son ordi au beau milieu du live – le pire cauchemar de tout artiste – qui le fera départir de sa bonne humeur. La foule hurle sa frustration, avant d’exulter quelques minutes plus tard lorsque le groove reprend ses droits.

Philipp de M.A.N.D.Y reprend les platines. La salle principale n’est plus qu’un immense brasero rougi, les hauts volent. Certains sont dehors et regardent la couverture d’étoiles par delà la cime des arbres, d’autres essaient de commander des verres ou cherchent du regard leurs amis disparus, sans doute happés par les sunlights et les beats de l’über cool fondateur de Get physical qui délivre track après track un set sensuel suintant de groove. Welcome in you own fantasy !

La sueur commence d’ailleurs à dessiner d’exquises formes abstraites sur les robes légères de filles chaussées de mules ou de sandales à talon estivales. Leur regard est astral, comme une constellation de gens en communion. La terrasse s’improvise piste de danse.

La déambulation se poursuit : telles les travées d’une cathédrale dédiée au plaisir, les allées sont hantées de grappes de filles et de garçons seuls ou en petits groupes dérivant à la recherche d’âmes sœurs… éparpillées comme des étoiles filantes, ces dernières s’agitent sur la piste centrale depuis qu’est entré en lice le dandy de Cologne, Superpitcher.

Nappes fluides, beats extatiques, volutes de rythmes et de sons, c’est sur deux heures de magie qu’Aksel conclut cette soirée brûlante….
Le petit jour se lève sur les silhouettes fantomatiques des arbres tandis que bruissent les derniers échanges : “Mais où est donc l’after ?”.  on ignore jusqu’où iront se perdre ces esprits possédés par la magie de la musique, sans doute un spirit catcher les aura-t-il happé quelque part à la sortie d’une clairière… Qu’il était beau mon rêve d’une nuit d’été…